Comme notre métier à Québec nous amène à se consacrer presqu’exclusivement à la scène, mes réflexions quant à la pratique théâtrale se sont nécéssairement peaufinées au fil des années. Les questions demeurent nombreuses, mais les réponses s’imposent parfois d’elles-mêmes. Ainsi, je me suis questionné il y a peu sur les qualités dont doit faire preuve un acteur de théâtre pour persevérer et voilà, en peu de mots, ce que j’en ai déduit.
Les principales qualités d’un comédien de théâtre doivent être, selon moi, l’abnégation et le courage. Abnégation, car il doit être en mesure d’oublier ce qu’il est - ou ce qu’il croît être – pour personnifier quelqu’un d’autre, soir après soir. Cet exercice de transsubstantiation - se vider de soi pour laisser place au personnage - ne peut se faire sans une bonne dose d’humilité quelque soient les qualités du personnage. Le personnage que devra endosser l’acteur sera parfois désagréable, son âme sera salie, ses propos seront noirs. L’acteur devra néanmoins lui faire une place en son propre corps. Le corps de l’acteur devient alors un réceptacle de l’âme du personnage qui – sans lui – n’existerais pas. L’âme du personnage n’aura de poids que lorsqu’elle se nichera au sein de l’acteur. Et cela doit se faire avec le consentement, l’abandon, de ce dernier. Parfois, le personnage est trop volumineux, l’enveloppe trop étroite. Parfois c’est l’inverse qui se produit : le corps de l’acteur ou ce qu’il croît être son corps, est trop vaste pour contenir l’âme du personnage. S’ensuit une distorsion : l’acteur trop imbu de lui-même ne rendra pas la juste parole de son personnage et celui qui se sous-estime n’aura pas assez de place à offrir à celui-ci. Il y a un juste milieu à trouver.
Quant au courage, il s’impose lorsque l’acteur a l’impression de monter sur scène comme on monte au front, quand l’acteur s’apprête à livrer un combat qu’il sait pouvoir gagner. À notre époque où le moindre effort est méritoire celui qui consiste à abandonner âme et corps pour une cause qui n’est pas proprement la sienne est, selon moi, sublime. L’acteur de théâtre, par son sacrifice, peut mener un constant combat de libération.Sans prétendre changer le monde, l’acteur de théâtre est tributaire d’une vision franche de l’humanité, porteur, la plupart du temps, du flambeau d’une parole forte et c’est un privilège qu’il se doit d’honorer de toutes ses qualités.
lundi 1 mars 2010
vendredi 29 janvier 2010
Nous nous dirigeons lentement mais sûrement vers la conclusion d'une seconde semaine de représentations de la pièce Henri IV de Luigi Pirandello programmée au Théâtre du Trident jusqu'au 13 février. J'y interprète le rôle titre dans une mise en scène de Marie Gignac. J'en suis à ma troisième collaboration (Cyrano de Bergerac et Les Mains sales) avec cette extraordinaire metteur en scène, exigeante, mais ô combien reconnaissante lorsque le travail est bien fait. Au fil de nos collaborations, nous sommes parvenus, elle et moi, à élaborer une méthode de travail très efficace qui se sert de nos spontanéités respectives et qui se fonde sur une confiance mutuelle inébranlable. Ici encore, chacun de nos échanges s'est trouvé inspiré par la générosité de l'autre et je crois que cette relation privilégiée nous a permis une fois de plus d'offrir aux spectateurs un spectacle entier et sans compromis. Les échos sont d'ailleurs très positifs.
J'y interprète le rôle d'un homme d'âge mûr qui reçoit la visite en son antre de sa flamme de jeunesse, de son amant et d'un psychiatre venu l'ausculter. Cet homme a ceci de particulier qu'on le croît atteint de folie pour la bonne raison qu'il se terre en cet endroit depuis vingt ans - sous les traits d'un empereur germanique du onzième siècle - afin d'échapper à la cruauté d'un monde qui le dépasse et qui l'accable. N'ayant pour seules défenses qu'un costume d'empereur, qu'un trône et que quelques figurants se prêtant plus ou moins au jeu, Henri IV est une belle illustration de la vulnérabilité d'un homme qui a jadis baissé sa garde et qui ne s'en ai jamais relevé. Au fil de la pièce, il comprend que se défendre est inutile et, comme l'oisillon qui voit surgir le prédateur dans son nid, il perçoit douloureusement que son leurre ne lui servira plus et que sa folie comme rempart ne lui sera plus d'aucune utilité. J'adore ce rôle.
J'y interprète le rôle d'un homme d'âge mûr qui reçoit la visite en son antre de sa flamme de jeunesse, de son amant et d'un psychiatre venu l'ausculter. Cet homme a ceci de particulier qu'on le croît atteint de folie pour la bonne raison qu'il se terre en cet endroit depuis vingt ans - sous les traits d'un empereur germanique du onzième siècle - afin d'échapper à la cruauté d'un monde qui le dépasse et qui l'accable. N'ayant pour seules défenses qu'un costume d'empereur, qu'un trône et que quelques figurants se prêtant plus ou moins au jeu, Henri IV est une belle illustration de la vulnérabilité d'un homme qui a jadis baissé sa garde et qui ne s'en ai jamais relevé. Au fil de la pièce, il comprend que se défendre est inutile et, comme l'oisillon qui voit surgir le prédateur dans son nid, il perçoit douloureusement que son leurre ne lui servira plus et que sa folie comme rempart ne lui sera plus d'aucune utilité. J'adore ce rôle.
mardi 12 janvier 2010
Réflexions sur ma pratique
Je ne suis pas un acteur qui met nécessairement de l’avant l’aspect physique du jeu et ma démarche en ce sens est plutôt intuitive. Aussitôt que je suis dans de bonnes dispositions physiques pour jouer, je laisse mon corps s’exprimer. Mes mouvements servent alors à ponctuer l’état d’esprit dans lequel se trouve le personnage que j’ai à défendre. Ils s’intègrent sans heurt au texte que j’ai à dire, mais je compte toujours sur le metteur en scène pour me dire à partir de quel moment mes gestes et mes mouvements sont susceptibles de brouiller le propos. Ce que je constate, c’est que le corps de l’acteur n’est ni plus ni moins qu’une boule d’énergie fabuleuse qu’il s’agit de maîtriser adroitement. Lorsque vient le temps de monter en scène, les décharges d’adrénaline sont parfois telles qu’elles doivent impérativement être domptées pour ne pas nuire à la lisibilité.
Autrement l’essence de la pratique théâtrale, telle que je la conçois, est à chercher dans la conjugaison de deux types d’émotions. Il y a d’abord celle née de l’élan physique intuitif décrit ci-dessus. Cette émotion du corps et du mouvement doit nécessairement entrer en contact avec l’émotion plus cérébrale qui naît à la lecture, à l’appropriation et à l’interprétation du texte. Cela amène à une concordance qu’il n’est pas toujours facile de provoquer notamment lorsque le texte et les exigences physiques de la mise en scène ne convergent pas naturellement, par exemple lorsque l’émotion n’est pas décelable initialement dans le texte ou lorsque la mise en place s’impose trop lourdement.
Je vous cite ici deux exemples où j’ai pu observé de l’intérieur une conjugaison parfaite de ces émotions. Dans Cyrano de Bergerac, mis en scène par M. Gignac, je frémissais toujours à l’énoncé du vers suivant lancé par Cyrano à Roxane quelques instants avant qu’il ne meure : « non, non , cher amour, je ne vous aimais pas! » ? Depuis deux heures trente déjà je luttais à coups d’épées et de joutes verbales effrénées pour taire cet amour. La fatigue du personnage était aussi la mienne et le fait de lâcher enfin le morceau représentait en soit une libération tout aussi grande pour le personnage que pour l’interprète.
Autre exemple de ce type de conjugaison heureuse qui n’est pas venue initialement du texte celle-là : dans L’Asile de la Pureté, Donatien Marcassilar jeûne depuis plusieurs jours déjà lorsqu’il entreprend de prouver à l’un de ses amis jusqu’où doit aller sa liberté d’expression ; il entame alors un poème en exploréen – langue inventée par C. Gauvreau faîte de mots véritables entrecoupée de syllabes indépendantes. Pour fuser correctement, cet extrait fût donné dans un état physique de précarité: M. Faucher, le metteur en scène, m’avait placé les deux pieds dans une assiette vide, raide comme un piquet ne laissant que mes bras s’agiter en tous sens. L’intensité de cet état physique contraignant combiné à la résonance des syllabes exploréenne ajouté à la douce fatigue d’un acteur en scène depuis plus d’une heure trente ont certes contribué à faire de ce moment-là aussi l’un des plus prenant de ma carrière.
Mon aspiration première comme interprète est d’offrir un portrait signifiant de notre humanité en rendant le plus justement du monde ses incroyables aptitudes et qualités mais aussi ses plus horrible défauts. Comme l’histoire du théâtre s’échelonne sur 2500 ans, l’acteur et le spectateur ont l’occasion d’accéder, ici, à un répertoire inépuisable de représentations de l’humain allant des premiers balbutiement de la littérature qui cherchaient à définir les contours de celui-ci aux textes québécois contemporains qui contribuent à définir notre identité. Moi, je trouve dans cette multitude d’histoires d’amour, de traîtrises, d’honneur, de violence qui pullulent dans le répertoire dramatique et qui jalonnent l’histoire de l’humanité, un terreau inépuisable à la fois de cette grandiloquence et de cette misère qui font l’Homme. Tout, dans ma pratique, tend à offrir à mes contemporains une juste lecture de ce tableau, aussi vaste soit-il.
Autrement l’essence de la pratique théâtrale, telle que je la conçois, est à chercher dans la conjugaison de deux types d’émotions. Il y a d’abord celle née de l’élan physique intuitif décrit ci-dessus. Cette émotion du corps et du mouvement doit nécessairement entrer en contact avec l’émotion plus cérébrale qui naît à la lecture, à l’appropriation et à l’interprétation du texte. Cela amène à une concordance qu’il n’est pas toujours facile de provoquer notamment lorsque le texte et les exigences physiques de la mise en scène ne convergent pas naturellement, par exemple lorsque l’émotion n’est pas décelable initialement dans le texte ou lorsque la mise en place s’impose trop lourdement.
Je vous cite ici deux exemples où j’ai pu observé de l’intérieur une conjugaison parfaite de ces émotions. Dans Cyrano de Bergerac, mis en scène par M. Gignac, je frémissais toujours à l’énoncé du vers suivant lancé par Cyrano à Roxane quelques instants avant qu’il ne meure : « non, non , cher amour, je ne vous aimais pas! » ? Depuis deux heures trente déjà je luttais à coups d’épées et de joutes verbales effrénées pour taire cet amour. La fatigue du personnage était aussi la mienne et le fait de lâcher enfin le morceau représentait en soit une libération tout aussi grande pour le personnage que pour l’interprète.
Autre exemple de ce type de conjugaison heureuse qui n’est pas venue initialement du texte celle-là : dans L’Asile de la Pureté, Donatien Marcassilar jeûne depuis plusieurs jours déjà lorsqu’il entreprend de prouver à l’un de ses amis jusqu’où doit aller sa liberté d’expression ; il entame alors un poème en exploréen – langue inventée par C. Gauvreau faîte de mots véritables entrecoupée de syllabes indépendantes. Pour fuser correctement, cet extrait fût donné dans un état physique de précarité: M. Faucher, le metteur en scène, m’avait placé les deux pieds dans une assiette vide, raide comme un piquet ne laissant que mes bras s’agiter en tous sens. L’intensité de cet état physique contraignant combiné à la résonance des syllabes exploréenne ajouté à la douce fatigue d’un acteur en scène depuis plus d’une heure trente ont certes contribué à faire de ce moment-là aussi l’un des plus prenant de ma carrière.
Mon aspiration première comme interprète est d’offrir un portrait signifiant de notre humanité en rendant le plus justement du monde ses incroyables aptitudes et qualités mais aussi ses plus horrible défauts. Comme l’histoire du théâtre s’échelonne sur 2500 ans, l’acteur et le spectateur ont l’occasion d’accéder, ici, à un répertoire inépuisable de représentations de l’humain allant des premiers balbutiement de la littérature qui cherchaient à définir les contours de celui-ci aux textes québécois contemporains qui contribuent à définir notre identité. Moi, je trouve dans cette multitude d’histoires d’amour, de traîtrises, d’honneur, de violence qui pullulent dans le répertoire dramatique et qui jalonnent l’histoire de l’humanité, un terreau inépuisable à la fois de cette grandiloquence et de cette misère qui font l’Homme. Tout, dans ma pratique, tend à offrir à mes contemporains une juste lecture de ce tableau, aussi vaste soit-il.
vendredi 13 novembre 2009
"Le Vallon" au Théâtre de la Cité Universitaire
J'ai l'honneur d'être le parrain d'une belle aventure qui prendra son envol ce soir au Théâtre de la Cité Universitaire et qui se tiendra à 20h00 les vendredi et samedi 13, 14 ainsi que les 20 et 21 novembre : il s'agit de la pièce Le Vallon de Agatha Christie, adaptée et mise en scène par Frédéric Seriès. En plus d'assister à de l'excellent théâtre amateur, ceux et celles qui se procureront des billets contribueront à amasser des dons pour la Fondation de l'Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec. Il m'apparaît primordial de contribuer à cette initiative ne serait-ce que par ma présence, mes conseils et mon enthousiasme, sachant à quel point ceux qui s'y impliquent tout au long de l'année le font avec passion et ferveur. Je souhaite à toute cette belle équipe un gros MERDE !
vendredi 30 octobre 2009
Le mois d'octobre n'est certes pas le mois rêvé pour profiter de vacances chaudes et ensoleillées. Mais qu'y faire. Maintenant que j'ai le temps de me prélasser au soleil, depuis que la pièce Reconnaissance du Trident est terminée, je ne perçois que la grisaille de l'extérieur. Les volets claquent sur la façade de ma petite demeure comme si celle-ci grelottait d'elle-même et les amoncellements de feuilles annoncent ceux de neige qui ne tarderont pas à recouvrir notre froid pays. Néanmoins, je prend de longues respirations après cette année folle qui, honnêtement, semblait ne plus pouvoir aboutir.
Depuis l'automne 2008 : Elvire Jouvet 40, la tournée de Cyrano de Bergerac, la reprise du Psychomaton, puis l'aventure Hedda Gabler, suivie de la descente dans l'Asile de la Pureté, puis du Dîner de Cons et de la mise en scène de Un air de famille, de la reprise de Vie et mort du Roi boiteux et finalement de la création de Reconnaissance. Nomenclature nécéssaire pour expliquer l'état de douce euphorie qui accompagne ces quelques semaines d'arrêt. Un état qui ne saurait durer longtemps car le manque se fera sentir tôt ou tard, ce besoin viscéral de remonter sur les planches pour ressentir à nouveau la décharge d'adrénaline unique qui accompagne chacune des présences en scène.
En attendant, je "fais du texte" comme on dit. J'apprend le rôle de Henri IV que je défendrai dès janvier au théâtre du Trident dans une mise en scène de Marie Gignac : rôle d'équilibriste jonglant avec un ballet de répliques tels des entrechats, bondissant sur plusieurs vagues d'état émotifs souvent contradictoires. Folie ? Extra-lucidité ? À nouveau, un immense défi d'interprétation que j'espère mener promptement à terme. Vous y êtes tous conviés, cela va de soit.
Depuis l'automne 2008 : Elvire Jouvet 40, la tournée de Cyrano de Bergerac, la reprise du Psychomaton, puis l'aventure Hedda Gabler, suivie de la descente dans l'Asile de la Pureté, puis du Dîner de Cons et de la mise en scène de Un air de famille, de la reprise de Vie et mort du Roi boiteux et finalement de la création de Reconnaissance. Nomenclature nécéssaire pour expliquer l'état de douce euphorie qui accompagne ces quelques semaines d'arrêt. Un état qui ne saurait durer longtemps car le manque se fera sentir tôt ou tard, ce besoin viscéral de remonter sur les planches pour ressentir à nouveau la décharge d'adrénaline unique qui accompagne chacune des présences en scène.
En attendant, je "fais du texte" comme on dit. J'apprend le rôle de Henri IV que je défendrai dès janvier au théâtre du Trident dans une mise en scène de Marie Gignac : rôle d'équilibriste jonglant avec un ballet de répliques tels des entrechats, bondissant sur plusieurs vagues d'état émotifs souvent contradictoires. Folie ? Extra-lucidité ? À nouveau, un immense défi d'interprétation que j'espère mener promptement à terme. Vous y êtes tous conviés, cela va de soit.
dimanche 13 septembre 2009
À propos du Moulin à paroles, pouvons-nous affubler du terme de dangeureux agitateurs les gens qui en veulent aux nationalistes d'avoir initié cette célébration du mot et de la parole, réfractaires qu'ils sont à toute initiative d'appropriation du souvenir aussi modeste et authentique soit elle ? Oui, sans aucun doute. J'étais fier d'être de la centaine de lecteurs qui ont fait cette veillée de mots sur les Plaines d'Abraham cette fin de semaine. Je crains pour notre avenir sachant que chacun de ces mots murmurés, vitaux pour notre identité, fut enterré sous une tonne de cris sacrilèges proférés à la grandeur du pays. Honte aux enragés. Je les plains car cette étrange et futile colère les aveugle : ils ne savent plus où ils vont et s'inquiètent encore moins de savoir où nous irons tous ensemble.
Je me sens, célébrant la beauté et l'art au milieu d'un tragique naufrage, comme un de ces musiciens faisant parti de l'orchestre qui jouait au milieu des cris pendant que le Titanic sombrait dans les eaux noires de l'Atlantique...
Je me sens, célébrant la beauté et l'art au milieu d'un tragique naufrage, comme un de ces musiciens faisant parti de l'orchestre qui jouait au milieu des cris pendant que le Titanic sombrait dans les eaux noires de l'Atlantique...
jeudi 10 septembre 2009
Nous sommes dans le dernier droit pour la présentation de notre nouvelle création artistique au Théâtre Niveau Parking qui s'intitule Reconnaissance et qui sera présentée en co-production au Théâtre du Trident du 22 septembre au 17 octobre 2009. Après plusieurs séances d'improvisation et de mise en forme échelonnées sur deux ans, nous avons, sous la plume de Michel Nadeau, conçu un spectacle qui se veut fidèle à nos ambitions artistiques de compagnie, une pièce se positionnant entre notre plus grand succès de compagnie Lentement la beauté, auquel nous empruntons la fine ambiance et l'humour, et Les mots fantômes, notre autre création collective plus dramatique celle-là qui s'inspirait du Hamlet de Shakespeare dans sa trame narrative. Pour Reconnaissance, nous reprenons le même ancrage c'est-à-dire que nous nous servons de cette même oeuvre phare pour explorer à nouveau la quête moderne du sens, de l'être ou du non-être dans le Québec créatif d'aujourd'hui. Nous espérons profiter de la scène Octave-Crémazie et du généreux accueil du théâtre du Trident pour toucher un large public.
Entretemps, je me suis bien amusé à l'Espace Libre de Montréal dans notre reprise de Vie et mort du roi boiteux de Jean-Pierre Ronfard à la fin août. Mon personnage de Filippo Ragone dit le débile se véhiculant en voiturette électrique et s'exprimant par "Yeah!" épisodiques ou par quelques notes sorties de son tuba cabossé me convenait tout à fait. Autrement, en observant mes camarades de jeu, j'ai été vraiment impressionné par ce que le temps et l'expérience avait accompli sur chacun d'eux et la liberté nouvelle que nous nous sommes octroyée en reprenant cette oeuvre grandiose présentée sur huit heures quatre ans après notre dernière représentation. Comme quoi il n'est pas faux de dire qu'une oeuvre théâtrale a tout intérêt à se déposer en ses interprètes pour atteindre son entière plénitude. Il faut dire que le public qui est venu assister aux spectacles était particulièrement généreux et nous donnait beaucoup de ce dont nous avions besoin. Ce sera un excellent souvenir que ce Roi boiteux.
Entretemps, je me suis bien amusé à l'Espace Libre de Montréal dans notre reprise de Vie et mort du roi boiteux de Jean-Pierre Ronfard à la fin août. Mon personnage de Filippo Ragone dit le débile se véhiculant en voiturette électrique et s'exprimant par "Yeah!" épisodiques ou par quelques notes sorties de son tuba cabossé me convenait tout à fait. Autrement, en observant mes camarades de jeu, j'ai été vraiment impressionné par ce que le temps et l'expérience avait accompli sur chacun d'eux et la liberté nouvelle que nous nous sommes octroyée en reprenant cette oeuvre grandiose présentée sur huit heures quatre ans après notre dernière représentation. Comme quoi il n'est pas faux de dire qu'une oeuvre théâtrale a tout intérêt à se déposer en ses interprètes pour atteindre son entière plénitude. Il faut dire que le public qui est venu assister aux spectacles était particulièrement généreux et nous donnait beaucoup de ce dont nous avions besoin. Ce sera un excellent souvenir que ce Roi boiteux.
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