mercredi 9 mai 2007
Un petit coup de moppe !
Je savoure quelques jours de vacances cette semaine. C'est un pur délice. J'ai eu l'occasion de travailler énormément cette année sur divers projets tous plus stimulants les uns que les autres et j'ai le sentiment du devoir accompli, mais je suis quelque peu essouflé et en bout de course. Je me permet un petit récapitulatif, tiens, question d'archiver tout ça.
L'année a débutée à l'automne 2006 quand j'ai joué dans l'adaptation théâtrale de "On achève bien les chevaux" réalisée par Marie-Josée Bastien. Cette production sera en tournée à travers le Québec à l'automne 2007. Ai enchaîné ensuite avec le projet fou et risqué, "Glengarry Glenross" de David Mamet à Premier Acte (m.e.s. Frédéric Dubois) ; j'étais le doyen du groupe donc je jouais Bill Lépine "La Machine", ce que faisais Jack Lemmon dans le film... Ai poursuivi avec une grosse semaine (8 shows !) de "En attendant Godot" à Ottawa ; j'y joue Lucky et serai en tournée à l'hiver 2008 avec ça. Au Trident, cet hiver, j'ai joué dans "Les Mains sales" de Jean-Paul Sartre. Puis dans "Lentement la beauté" à la Salle Denise-Pelletier à Montréal, puis dans "Le Psychomaton" jusqu'à la semaine dernière. Les projets qui s'en viennent : "La Trilogie des Dragons" à Châlons-en-Champagne à la mi-mai, puis à Zürich en juin et à Moscou en juillet et "Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent", soirée de poésie concoctée par Loui Maufette et présentée au Théâtre d'Ailleurs à Québec au début juin.
Voilà, ça fait du bien de regarder un peu en arrière et de se figurer ce qui s'en vient. À défaut de trouver un sens à toute cette dépense d'énergie, je peux mieux savourer ce repos printannier. Et puis après tout, c'est bien la seule façon honnête que j'ai trouvée pour gagner ma vie.
Allez! Un autre petit coup de moppe pour la suite !
jeudi 3 mai 2007
Le Psychomaton
Après Lentement, la beauté, me voici impliqué dans une nouvelle création : Le Psychomaton (www.psychomaton.com) produit par le Groupe Ad Hoc et présenté ce printemps au Théâtre Périscope à Québec. Avec cette charmante pièce écrite par Anne-Marie Olivier, nous frôlons là-aussi le succès d'estime tant au niveau de la fréquentation de la salle qu'au niveau de l'accueil critique et public du spectacle.
J'observe des similitudes entre ces deux productions printanières pour lesquelles je n'aurai été qu'un interprète, mais dans lesquelles je me serai quand même drôlement impliqué. Il y aurait peut-être un genre propre au théâtre de création à Québec et qui pourrait chapeauter bon nombre d'autres productions douces-amères proposées ces temps-ci au public de la Capitale. Nous offrons, il me semble, un théâtre de proximité, populaire sans être avilisant, un théâtre du quotidien né vraissemblablement de nos préoccupations de citoyens confortables et pourtant mal-à-l'aise à l'abri de bons nombres des dangers qui menacent d'autres groupes humains ailleurs dans le monde. Un théâtre fait d'humilité et de compassion, d'où émergent les grandes remises en question de l'existence et où chacun y trouve son compte.
Plusieurs spectateurs qui auront vu l'une ou l'autre de ces productions nous confieront qu'ils souhaiteraient renouveler l'expérience le plus souvent possible. Personnellement, je compte bien leur en donner l'occasion à nouveau et je continuerai à m'impliquer dans ce genre de production qui, bien que présentée une quinzaine de fois, peuvent avoir des répercussions majeures dans un avenir rapproché. J'en reparlerai.
J'observe des similitudes entre ces deux productions printanières pour lesquelles je n'aurai été qu'un interprète, mais dans lesquelles je me serai quand même drôlement impliqué. Il y aurait peut-être un genre propre au théâtre de création à Québec et qui pourrait chapeauter bon nombre d'autres productions douces-amères proposées ces temps-ci au public de la Capitale. Nous offrons, il me semble, un théâtre de proximité, populaire sans être avilisant, un théâtre du quotidien né vraissemblablement de nos préoccupations de citoyens confortables et pourtant mal-à-l'aise à l'abri de bons nombres des dangers qui menacent d'autres groupes humains ailleurs dans le monde. Un théâtre fait d'humilité et de compassion, d'où émergent les grandes remises en question de l'existence et où chacun y trouve son compte.
Plusieurs spectateurs qui auront vu l'une ou l'autre de ces productions nous confieront qu'ils souhaiteraient renouveler l'expérience le plus souvent possible. Personnellement, je compte bien leur en donner l'occasion à nouveau et je continuerai à m'impliquer dans ce genre de production qui, bien que présentée une quinzaine de fois, peuvent avoir des répercussions majeures dans un avenir rapproché. J'en reparlerai.
vendredi 23 mars 2007
Lentement, la beauté

Je suis à Montréal depuis une semaine maintenant. Nous y présentons la pièce Lentement la beauté. En 2003 les membres du Théâtre Niveau Parking (www.theatreniveauparking.qc.ca) offraient au public de Québec cette création collective, fruit de longs mois de travail et de nombreuses heures d'improvisation. L'accueil fut enthousiaste de sorte que 4 ans plus tard, après avoir visité l'ensemble du territoire québécois et s'être produit près de 100 fois, nous nous sommes reinstallés à Montréal pour cette série de représentations.
Nous nous produisons cette fois-ci au Theatre Denise Pelletier (www.denise-pelletier.qc.ca), pour moitié devant des groupes d'étudiants de niveau secondaire. Et là encore, l'accueil est formidable. Les deux avants-premières jouées cette semaine nous ont encore prouvé que nous ne nous étions pas trompés avec cette création. La "run" de spectacles devrait être des plus agréable d'autant qu'elle coïncide avec le printemps qui s'installe. Je suis fleur bleue ? Pourquoi pas. On n'a qu'à lire le message qui précède pour constater que je ne n'ai pas tout à fait l'impression de vivre sur un nuage...
Restons positifs. Restons positifs... restons positifs. Et continuons de célébrer, lentement mais surement... LA BEAUTÉ.
mercredi 14 mars 2007
L'enlisement
Ma pauvre nation, le Québec.
Je suis citoyen d'un pays travesti en province, endormi, scéloré, kapout qui élève l'ignorance et la bêtise au chapitre des vertus. Il ne fait pas bon penser et réfléchir en ce pays. Mieux vaut geindre et se vautrer dans l'immobilisme et l'ignorance. Craindre et se terrer en attendant la catastrophe, ce jour où nous constaterons que nous n'existons plus en tant que nation progressiste, ouverte et culturellement développée mais plutôt que nous restons une nation obscurantiste, frileuse et incapable de percevoir et de célébrer les vertus de l'Homme.
Je ne peux m'empêcher de m'exprimer aujourd'hui sachant de toute façon que je prêche dans le désert, sachant que ma parole ne vaut pas grand chose et, honnêtement, je préfère presque n'être pas entendu sachant qu'il ne fait pas bon avoir des idées aujourd'hui à moins que ce ne soient celles qui pullulent sur les ondes des radios poubelles de la Capitale.
Je réalise, en plein campagne électorale provinciale, que tout est presque perdu et j'attends ce jour où mes concitoyens nous diront : " la culture, on en a rien à crisser". Ce jour-là, qui ne m'apparaît plus être très loin, je partirai, emmenant avec ma famille avec moi et nous chercherons une île déserte ou une méga-ville branchée sur l'avenir pour nous réinstaller. Car j'ai la triste impression que mon pays s'enlise pour de bon.
Je suis citoyen d'un pays travesti en province, endormi, scéloré, kapout qui élève l'ignorance et la bêtise au chapitre des vertus. Il ne fait pas bon penser et réfléchir en ce pays. Mieux vaut geindre et se vautrer dans l'immobilisme et l'ignorance. Craindre et se terrer en attendant la catastrophe, ce jour où nous constaterons que nous n'existons plus en tant que nation progressiste, ouverte et culturellement développée mais plutôt que nous restons une nation obscurantiste, frileuse et incapable de percevoir et de célébrer les vertus de l'Homme.
Je ne peux m'empêcher de m'exprimer aujourd'hui sachant de toute façon que je prêche dans le désert, sachant que ma parole ne vaut pas grand chose et, honnêtement, je préfère presque n'être pas entendu sachant qu'il ne fait pas bon avoir des idées aujourd'hui à moins que ce ne soient celles qui pullulent sur les ondes des radios poubelles de la Capitale.
Je réalise, en plein campagne électorale provinciale, que tout est presque perdu et j'attends ce jour où mes concitoyens nous diront : " la culture, on en a rien à crisser". Ce jour-là, qui ne m'apparaît plus être très loin, je partirai, emmenant avec ma famille avec moi et nous chercherons une île déserte ou une méga-ville branchée sur l'avenir pour nous réinstaller. Car j'ai la triste impression que mon pays s'enlise pour de bon.
mardi 13 février 2007
Les mains sales, la fin
Les représentations de Les Mains sales se sont terminées samedi dernier, le 10 février, alors que, au dehors, le Carnaval de Québec battait son plein. Je suis très satisfait du résultat, particulièrement de la fréquentation qui n'a cessé d'augmenter au fil des représentations. J'avoue cependant que la dernière semaine m'a confirmé ce que je croyais, à savoir qu'une discipline physique s'impose lorsqu'on reste en scène presque 3h durant. J'étais hônnetement bien amoché vers la fin. J'espère que mon jeu n'en a pas trop souffert.
C'est toujours spécial de clore les représentations d'un show sur lequel on a aimé travailler. Peut-être étais-ce l'équipe, particulièrement bien soudée, la pièce, particulièrement bien écrite ou le public, souvent jeune et généreux, toujours est-il que les adieux à cette scène furent plus difficiles que d'habitude. L'envie demeure de se produire alors que désormais le soir je reste chez moi. Le beau côté de cela, c'est que j'aurai l'occasion de voir un peu plus mes enfants et mon épouse qui se débrouille un peu trop souvent sans moi. Et puis, j'enchaîne sur de nouveaux spectacles au printemps. Et je commence à préparer mon voyage en Europe cet été : à Châlons-en-Champagne, Zürich et en Italie du Nord...
C'est toujours spécial de clore les représentations d'un show sur lequel on a aimé travailler. Peut-être étais-ce l'équipe, particulièrement bien soudée, la pièce, particulièrement bien écrite ou le public, souvent jeune et généreux, toujours est-il que les adieux à cette scène furent plus difficiles que d'habitude. L'envie demeure de se produire alors que désormais le soir je reste chez moi. Le beau côté de cela, c'est que j'aurai l'occasion de voir un peu plus mes enfants et mon épouse qui se débrouille un peu trop souvent sans moi. Et puis, j'enchaîne sur de nouveaux spectacles au printemps. Et je commence à préparer mon voyage en Europe cet été : à Châlons-en-Champagne, Zürich et en Italie du Nord...
samedi 3 février 2007
Le malaise du politique
Hier, deux politiciens, deux députés du parlement provincial, l'Assemblée nationale du Québec, ont assisté à notre représentation de Les Mains sales. Sur l'invitation d'un des acteurs, ils sont venus nous saluer dans les loges après la représentation. De mon souvenir, je n'ai jamais rencontré de spectateurs plus déconnectés, plus condescendants, visiblement embarassés d'avoir à partager leurs impressions avec des gens qu'ils ne connaissaient pas, en l'occurence un groupe d'acteurs savourant la fin d'une nouvelle représentation.
Je crois que c'est le lot de nos politiciens de ne pas se sentir concernés. Doit-on les excuser de ne pas être en mesure de gérer leur popularité, souvent imméritée ? À force de jouer sur tous les tableaux, ils semblent s'être dit que le mensonge est la norme et qu'il ne sert à rien d'user de modestie ou de franchise. Ils nous ont parus misérables car ce sont, parole de connaisseur, de très mauvais acteurs.
Je repense à ce vieil ami avec qui j'avais étudié au Conservatoire d'Art Dramatique de Québec et qui, quelques années suivant la fin de nos cours, s'était présenté comme candidat aux élections provinciale sous la bannière adéquiste (droite provinciale). Aux dernières élections, il a fait un score plus qu'honorable et l'envie me prit alors de l'appeler pour l'en féliciter. Le "discours" qu'il me tint alors m'apparut tellement impersonnel qu'il semblait provenir d'un enregistrement ("oui, nous avons travaillé très fort... je tiens à remercier les bénévoles du comté pour leur support... nous poursuivrons le travail malgré tout..."). C'est quelque peu effrayé par ce soudain retournement de personnalité que je raccrochai. Enfin, lui et moi nous avions souvent fait la galère à l'époque et je le tenais pour un bon bougre, plein d'humour et ouvert d'esprit. Ah ce que peut faire la politique...
Au Parti Québécois (parti provincial nationaliste), le chef, André Boisclair, est coincé avec son propre problème d'image. En fait, ce qu'on aimerait voir de lui, c'est tout autre chose que ce qu'il nous donne à voir. Est-ce possible de rencontrer un politicien vrai, simple, modéré et tolérant, courageux, audacieux et proche des gens ? Celui-là, il aura beaucoup de chemin à faire surtout s'il compte dans ses fréquentation nos députés-spectateurs de la veille...
Je crois que c'est le lot de nos politiciens de ne pas se sentir concernés. Doit-on les excuser de ne pas être en mesure de gérer leur popularité, souvent imméritée ? À force de jouer sur tous les tableaux, ils semblent s'être dit que le mensonge est la norme et qu'il ne sert à rien d'user de modestie ou de franchise. Ils nous ont parus misérables car ce sont, parole de connaisseur, de très mauvais acteurs.
Je repense à ce vieil ami avec qui j'avais étudié au Conservatoire d'Art Dramatique de Québec et qui, quelques années suivant la fin de nos cours, s'était présenté comme candidat aux élections provinciale sous la bannière adéquiste (droite provinciale). Aux dernières élections, il a fait un score plus qu'honorable et l'envie me prit alors de l'appeler pour l'en féliciter. Le "discours" qu'il me tint alors m'apparut tellement impersonnel qu'il semblait provenir d'un enregistrement ("oui, nous avons travaillé très fort... je tiens à remercier les bénévoles du comté pour leur support... nous poursuivrons le travail malgré tout..."). C'est quelque peu effrayé par ce soudain retournement de personnalité que je raccrochai. Enfin, lui et moi nous avions souvent fait la galère à l'époque et je le tenais pour un bon bougre, plein d'humour et ouvert d'esprit. Ah ce que peut faire la politique...
Au Parti Québécois (parti provincial nationaliste), le chef, André Boisclair, est coincé avec son propre problème d'image. En fait, ce qu'on aimerait voir de lui, c'est tout autre chose que ce qu'il nous donne à voir. Est-ce possible de rencontrer un politicien vrai, simple, modéré et tolérant, courageux, audacieux et proche des gens ? Celui-là, il aura beaucoup de chemin à faire surtout s'il compte dans ses fréquentation nos députés-spectateurs de la veille...
vendredi 2 février 2007
Les chevaliers
Hier, en après-midi, nous nous sommes produits devant une salle remplie d'étudiants de niveau secondaire, des jeunes de 15 à 17 ans issus, pour la grande majorité, du secteur de l'éducation publique. Il faut savoir que la pièce Les Mains sales est une oeuvre phare du théâtre politique de l'après-guerre. À l'époque, elle avait suscité bien des remous au sein de l'intelligentsia communiste française. On reprochait à Jean-Paul Sartre d'avoir écrit une pièce anti-communiste car l'action jusqu'auboutiste et l'usage de la violence à des fins révolutionnaires y semblaient remis en doute.
À Québec, en 2007, c'est un débat qui n'a évidemment pas lieu. Seulement, le seul fait de programmer ce spectacle et donc de présenter sur scène un débat d'idée qui va bien au delà des clivages entre factions communistes en s'attardant d'abord et avant tout sur l'idée d'engagement, c'est aussi, en soit, un acte de bravoure politique. Et d'engagement donc. Nos jeunes adolescents ont adoré pour notre plus grand bonheur. On pourrait croire aujourd'hui qu'ils seront tout à fait capables, tel Hugo Barine (personnage central de Les Mains sales), de s'investir totalement, honnêtement et fidèlement et, qui sait, de s'inventer par là un nouvel esprit chevaleresque.
À Québec, en 2007, c'est un débat qui n'a évidemment pas lieu. Seulement, le seul fait de programmer ce spectacle et donc de présenter sur scène un débat d'idée qui va bien au delà des clivages entre factions communistes en s'attardant d'abord et avant tout sur l'idée d'engagement, c'est aussi, en soit, un acte de bravoure politique. Et d'engagement donc. Nos jeunes adolescents ont adoré pour notre plus grand bonheur. On pourrait croire aujourd'hui qu'ils seront tout à fait capables, tel Hugo Barine (personnage central de Les Mains sales), de s'investir totalement, honnêtement et fidèlement et, qui sait, de s'inventer par là un nouvel esprit chevaleresque.
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