Les gens de notre pays préférent s'en remettre à un politicien on ne peut plus ambigu tant dans l'image qu'il dégage que dans les propos qu'il tient dans une langue qui n'est pas la leur de surcroît plutôt que de se fier à l'ensemble de sa propre communauté artistique, des poètes aux architectes. On pourrait presque parler d'un hara-kiri collectif si ce terme exotique ne sous-entendait pas la mort. Mais il y a un peu de ça : on se débarasse de ses tripes pour ne laisser que l'enveloppe factice, inutile. La comparaison s'arrête ici car, dans cet acte cérémoniel, on a toujours reconnu la grandeur du geste, le courage insensé que nécéssite son propre étripage. Cela pourrait même être galvanisant. Ici, on ne devine que le mépris, le déni de soi et cela s'apparente beaucoup plus à quelqu'un se mettant la tête dans le four... Veuillez me pardonner ces images morbides mais c'est qu'elles me hantent présentement.
Sinon, tout va bien. Elvire Jouvet 40 amorce son dernier droit. Les critiques sont très bonnes, l'accueil également et il reste de beaux billets. Au Théâtre Périscope à Québec jusqu'au 4 octobre.
jeudi 25 septembre 2008
mardi 23 septembre 2008
On en parle plus d'abord
À propos des coupures. D'accord, on se la ferme. Mais vous ma belle gang, venez pas nous demandez après d'être drôles, d'être bons, d'être émouvants, d'être audacieux, d'êtres à l'écoute, d'être visionnaires, d'être polyvalents, de vous faire des belles voix à la radio, de vous faire des beaux sourires à la télé, de se mettre des costumes d'époque et de vous dire comment c'était dans le temps quand il n'y avait pas de séries made in USA pour vous divertir. D'accord on se la ferme et on vous les laisse, vos sous. De toute manière le Québec dont on rêve, c'est visiblement pas pour demain. Mais c'est sûr qu'on va continuer de jouer, on peut pas s'en passer et - misère ! - on vous rejoindra en troisième période quand il n'y aura rien d'autre à faire. De toute manière, on aurait bien de la difficulté à ne pas le faire ce métier car on l'aime vraiment et on croit - parbleu ! - qu'il est essentiel. Et pour ceux qui aiment se faire conter des histoires, sachez qu'on vous en contera toujours, en cachette s'il le faut. Allez, je me remet à l'apprentissage de mes textes maintenant...
jeudi 18 septembre 2008
Ouille, ouille, ouille
Mme Verner, lorsque le nouveau gouvernement conservateur sera élu le mois prochain, pouvez-vous tenter de trouver quelqu'un dans votre caucus pour qui la culture n'est pas inutile comme vous semblez le croire et, ceci étant fait, lui laisser votre place de ministre du Patrimoine ? S'il-vous-plaît. Vous n'êtes visiblement pas faite pour ce travail et après cette série de propos - http://www.cyberpresse.ca/article/20080918/CPSOLEIL/80917260/5019/CPSOLEIL - c'est ce que vous aurez de mieux à faire. Même vos électeurs et vos électrices en conviendront. Sinon, vous avez pensé offrir votre expertise à Robert Mugabe au Zimbabwe ?
mardi 16 septembre 2008
Aberration
On a cru - on a dit - que Harper et Verner avaient annoncé leurs coupures en culture pendant les Jeux Olympiques, en plein été pour que cela passe le plus inaperçu possible... Pressentant qu'ils allaient entrer en élection quelques semaines plus tard, n'est-il pas illusoire d'imaginer que les Conservateurs ont annoncé ces dites coupures dans le but de plaire à leur électorat et ainsi de s'assurer des votes supplémentaires ? Ces électeurs qui s'amusent à ridiculiser la moindre audace culturelle alors qu'à l'autre bout de la planète on l'applaudit à tout rompre mettent en danger notre pays. Alors même que, selon un sain principe d'autodéfense, les acteurs culturels sont forcés de chiffrer constamment l'apport de la culture dans notre société en termes d'économie... C'est totalement aberrant d'en être arrivés là.
jeudi 4 septembre 2008
TÛT, TÛT, TÛT !
Qui est assez naïf, en ce pays, pour croire que nous sommes tout à fait exempt de radicaux de tout poil ? Peut-on vraiment croire que, parce qu'il n'existe pas de parti politique ouvertement xénophobe, raciste et populiste comme en certains coins de l'Europe balkanique ou de l'ex-URSS ou en certains états du Midwest américain, que parce qu'il n'y a pas de phalangistes et de miliciens déguisés en soldats circulant dans les rues au son de l'hymne national poussé de trompettes dégoulinantes de bave envenimée, on peut, en toute conscience, croire que cette engeance n'existe pas, ici, au Canada ? Aurons-nous toujours la conscience propre en pensant qu'aucun Canadien n'a jamais posé son "X" à côté d'un Le Pen ou du Vlaams Blok ? Tout le monde sait que le politically correct qui dérange tant les columnists est une farce fait d'une tonne de grossiers mensonges. Mais ne nous sommes nous jamais demandé ce que cachaient ces mensonges donc de quoi était fait la morale de ces vertueux politiciens ? À voir et à entendre les conservateurs et les adéquistes mépriser la Culture comme ils le font, j'arrive, moi, à imaginer la suite...
Pendant ce temps, on détourne la question en accusant les nationalistes québécois d'être ceux qui véhiculent des idées réactionnaires empreintes de racisme ; les "sales gauchistes" d'être ceux qui sèment le trouble et bouleversent l'ordre moral. On en veux à certains artistes qui, emportés par leur enthousiasme, ont osé comparer Harper à Hitler. Bien sûr que c'est exagéré ! Et puis quoi merde ?! Que ceux qui arrivent encore à dormir sur leurs deux oreilles s'imaginant que nos idéaux moraux seront éternellement préservés sous la houlette conservatrice de ce grand pays de l'érable se réveillent ! Le danger est bien là caché sous ces poignées de mains molles et ces sourires jaunes...
Pendant ce temps, on détourne la question en accusant les nationalistes québécois d'être ceux qui véhiculent des idées réactionnaires empreintes de racisme ; les "sales gauchistes" d'être ceux qui sèment le trouble et bouleversent l'ordre moral. On en veux à certains artistes qui, emportés par leur enthousiasme, ont osé comparer Harper à Hitler. Bien sûr que c'est exagéré ! Et puis quoi merde ?! Que ceux qui arrivent encore à dormir sur leurs deux oreilles s'imaginant que nos idéaux moraux seront éternellement préservés sous la houlette conservatrice de ce grand pays de l'érable se réveillent ! Le danger est bien là caché sous ces poignées de mains molles et ces sourires jaunes...
mercredi 27 août 2008
Elvire Jouvet 40
Dès le 9 septembre le Théâtre Niveau Parking, la compagnie de théâtre dont je suis membre depuis quelques années, proposera au Théâtre Périscope une lecture toute intime des leçons que Louis Jouvet (pédagogue et homme de théâtre français) proposait à ses élèves en art dramatique à Paris autour de 1940. Ces leçons sténographiées d'abord par une proche collaboratrice ont servi de matériel à la metteur en scène Brigitte Jaques pour ce spectacle qui s'intitule "Elvire Jouvet 40" en référence à la deuxième scène de Elvire de Don Juan qu'y fait travailler monsieur Jouvet. Lorraine Côté, notre metteur en scène, a mis tout son talent et sa sensibilité au service de cette oeuvre avec Michel Nadeau et la jeune et talentueuse actrice Marianne Marceau comme interprètes. En assistant à leur travail, on déguste un bonbon à la recette particulièrement savante ; parfois acide souvent douces, les émotions vécues sont multiples et le sujet nous passionne réellement. J'ai l'honneur de compléter la distribution avec l'acteur Israël Gamache. Présenté jusqu'au 4 octobre.
vendredi 22 août 2008
Sur la banquise
Je lis cette semaine le dépit dans lequel se trouvent les élites politiques souverainistes québécoises et qui les amènent à ne plus savoir par quel bout de la lorgnette prendre LA question pour être bien compris d'une majorité de citoyens. Je comprends leur désaroi lorsqu'on fait l'exercice de chiffrer l'appui populaire au projet d'indépendance. Une vraie patinoire fissurée de partout. De grands trous d'eau dans lesquels s'engouffre le fait anglais. Quelques naufragés épuisés sur leurs bouts de banquise. Quelques fleurdelisés faméliques qui battent au vent violent de la mondialisation. La souveraineté ne sert même plus d'atout publicitaire. Et les athlètes de chez nous concourrent sous un drapeau qu'on s'efforce, avec une bonne part de succès, de sublimer pour donner à la leurs remarquables performances tout le poids qu'elles méritent.
Le seul drapeau québecois dont on se sera servi pour les campagnes publicitaires qui jalonnent les compétitions olympiques aura été vu sur une séquence de 1/3 de seconde pour une publicité du quincailler Rona et encore aura-t-on pris soin de le laisser en noir et blanc pour ne pas risquer de laisser battre nos coeurs sous d'autres couleurs que les blanche et rouge unifoliées. Et ce n'est qu'en voyant hahanner nos althérophiles sur leurs barres à l'entraînement qu'on aura pu se délecter, à Radio-Canada, de quelques drapeaux québécois oubliés en arrière-plan. Bravo les filles soit dit en passant pour vos belles performances à Pékin!
Bien sûr, je suis fier de constater que la moisson de médailles canadiennes aura été ce qu'elle est. En ce sens, c'est un honneur pour moi d'être citoyen de ce pays car il s'agit sans nul doute d'un des plus beaux et des plus grands et des plus honorifiques État de la planète. Je n'en nourri aucune animosité et aucun regret. Cependant, je continue à penser que la seule façon de croire en la pénénité d'une portion suffisante de Québécois parlant le français est d'offrir à ceux-ci un cadre politique et légal s'apparentant à ce qu'est, en ce monde, un État souverain. Sinon cette portion de Québécois s'exprimant en français disparaîtra inexorablement et cela se fera très rapidement, j'en ai bien peur. Avec la banquise.
Le seul drapeau québecois dont on se sera servi pour les campagnes publicitaires qui jalonnent les compétitions olympiques aura été vu sur une séquence de 1/3 de seconde pour une publicité du quincailler Rona et encore aura-t-on pris soin de le laisser en noir et blanc pour ne pas risquer de laisser battre nos coeurs sous d'autres couleurs que les blanche et rouge unifoliées. Et ce n'est qu'en voyant hahanner nos althérophiles sur leurs barres à l'entraînement qu'on aura pu se délecter, à Radio-Canada, de quelques drapeaux québécois oubliés en arrière-plan. Bravo les filles soit dit en passant pour vos belles performances à Pékin!
Bien sûr, je suis fier de constater que la moisson de médailles canadiennes aura été ce qu'elle est. En ce sens, c'est un honneur pour moi d'être citoyen de ce pays car il s'agit sans nul doute d'un des plus beaux et des plus grands et des plus honorifiques État de la planète. Je n'en nourri aucune animosité et aucun regret. Cependant, je continue à penser que la seule façon de croire en la pénénité d'une portion suffisante de Québécois parlant le français est d'offrir à ceux-ci un cadre politique et légal s'apparentant à ce qu'est, en ce monde, un État souverain. Sinon cette portion de Québécois s'exprimant en français disparaîtra inexorablement et cela se fera très rapidement, j'en ai bien peur. Avec la banquise.
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